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LES PAUVRES N’ONT PAS DE VOIX Par l’Honorable Ministre Louis Farrakhan Ce texte est un extrait du livre « A torchlight for America » (Un flambeau pour l’Amérique) par le Ministre Louis Farrakhan et publié en 1993
Au Nom d’Allah, Le Bienfaiteur, Le Miséricordieux, C’est triste de savoir que la plupart des hommes du Congrès, les représentants du peuple américain, sont issus de la classe riche. Les gens désignés pour représenter les pauvres sont les fortunés et les privilégiés de cette société, qui sont ceux ayant bénéficié le plus de la dette fédérale, de la restructuration des corporations et des délocalisations d’usines. Peuvent-ils de manière adéquate représenter les pauvres ? Durant les débats présidentiels de 1992, une jeune femme a demandé aux candidats comment ils peuvent guider le peuple américain et apporter une guérison à ce qui arrive au pays en sachant qu’ils n’ont jamais connu la souffrance dans leur vie. Ceux qui sont les plus appropriés à représenter les masses et leurs souffrances sont les Noirs, les femmes, les Natifs américains, les Blancs pauvres et les Hispaniques. Dans le Congrès, le représentant le plus proche des pauvres est le « Congressional Black Caucus » (Comité Noir du Congrès). Chaque année, il développe et présente au Congrès un budget qui maintiendrait l’Amérique forte, et en même temps il veut aider les masses du peuple américain. Chaque année, leurs efforts sont déchus et leur budget n’est pas voté. C’est notre relation particulière avec la souffrance qui nous prépare au leadership aujourd’hui. Nous avons une compréhension intime des effets dévastateurs causés par un leadership immoral, sexiste, raciste et cupide, et c’est précisément pourquoi nous avons une chance, si nous sommes réformés, d’être un flambeau pour nous-mêmes et pour toute l’Amérique. En vérité, les pauvres sont sans voix dans la société comme c’est présentement structuré. Chaque président dans l’histoire récente faisait parti de la classe privilégiée. Cela ne signifie pas qu’une personne fortunée n’est pas qualifiée pour être à une position de leadership. Cela signifie qu’il y a un manque d’expérience avantageuse auquel nous devons soigneusement y prêter attention. Parmi tous les candidats des élections de 92, c’était monsieur Ross Perot qui a reconnu et a ouvertement dit que la richesse qu’il a acquise vient des pauvres. Maintenant il voit que le même pays et la même classe ouvrière qui lui ont donné l’opportunité de devenir un milliardaire sont en train de s’écrouler. Jésus a dit dans son sermon sur la montagne « Bénis sont les pauvres en esprit, à eux est le royaume des cieux » (Matthieu 5 :3). Comment pouvez vous être bénis et pauvre en même temps ? Comment pouvez vous être bénis et vous ne pouvez à peine survivre, ni vous nourrir ? Jésus voulait dire qu’il viendra de parmi les pauvres pour les élever. C’est pourquoi les dirigeants en ce temps là le craignaient. Ils ont vu en lui la fin de leur pouvoir et de leur règne. Jésus a été envoyé parce que personne ne parlait des réels problèmes des pauvres. Il est devenu l’avocat des pauvres et il a eu des ennuis avec les riches. Aujourd’hui, les pauvres ont besoin d’un Jésus. Ils ont besoin d’un avocat qui se tiendra debout pour eux et qui s’adressera aux riches en leur faveur. UNE SOCIETE EMPLIE DE MAUVAISES INTENTIONS C’est la cupidité pour des profits vite gagnés qui a généré une société totalement dénuée de valeurs, et qui aliène les pauvres et le peu de gens non cupides parmi nous. La plupart des intentions ainsi que beaucoup des lois de la société sont corrompus. Par exemple, les athlètes professionnels sont mieux payés que les professeurs. Ceux-ci doivent avoir deux emplois pour joindre les deux bouts, pourtant ils ont la responsabilité de former notre avenir en instruisant l’esprit de nos enfants. Je suis heureux de voir les frères et sœurs faire de l’argent dans le sport et le divertissement. Cependant, je leur lance l’appel suivant : que faîtes vous avec l’argent pour aider votre peuple ? Quelles opportunités sont présentées à nos jeunes quand il n’y a qu’environ mille postes pour nos talentueuses figures sportives, mais il y a des millions d’enfants Noirs qui souffrent et qui ne pourront jamais devenir des athlètes professionnels pour sortir de leur condition ? La politique législative et les taxes officielles profitent de manière corrompue aux riches. Les comités d’action politique (PACs), les lobbyistes, les différents groupes de pression travaillent tous en faveur des riches. Ceux-ci bénéficient d’une exonération des impôts sur les plus-values. Les corporations arrivent à ne pas devoir des intérêts et des déductions spéciales sur des emprunts. Les pauvres n’obtiennent rien d’autre que des reproches et le fardeau. Le plus bas échelon de la population active est au chômage dû à des fermetures d’usines, et l’Amérique ne dépense presque rien pour leur donner une nouvelle formation professionnelle, pour ainsi les rendre utiles à l’économie. L’orgueil et l’arrogance font partis des mentalités des leaders. Cette maladie spirituelle est ce qui les rend aveugles à la vraie solution pour le succès, parce qu’ils essayent de garder dans le monde une posture qui n’est pas en accord avec la volonté de Dieu et les exigences du moment. Ils veulent se maintenir comme étant la grande puissance impérialiste, le chef suprême, le maître esclavagiste, le Dieu à côté de Dieu. Ça ne profite pas aux leaders de l’Amérique de perdre le respect du peuple qui s’est sacrifié pour construire ce pays. Les ouvriers américains ont travaillé et se sont sacrifiés pour construire ce pays. Les corporations, les emplois gouvernementaux hautement payés, la possession de matériels raffinés, tout cela a été construit sur le dos des pauvres et de la classe ouvrière. Les compagnies ont tort de faire faux bond aux pauvres et aux classes ouvrières, en accordant les manufactures à d’autres nations sous l’image déguisée que l’Amérique fait une économie plus orientée vers le service. Utiliser cette vieille mentalité de l’esclavagiste et de l’esclave est un échec et cela pousse le pays au bord de la ruine. L’Amérique est condamnée si elle ne fait pas attention à cette mentalité qui est enracinée dans cette désuète relation entre Noir et Blanc. La manufacture est la base de l’auto indépendance. Pourquoi l’Amérique devrait laisser d’autres produire pour elle ce qu’elle peut produire par elle-même ? Pourquoi l’Italie devrait produire toutes les chaussures alors que les fabricants américains de chaussures sont au chômage ? Pourquoi vos vêtements devraient être fabriqués à Taiwan alors que vos propres usines ferment et accumulent de la poussière ? L’Amérique pourrait voir les simples solutions à ces problèmes si elle n’était pas aveuglée par la cupidité et cette vieille mentalité de maître esclavagiste et esclave. Ces deux mentalités doivent être brisées et remplacées par un sens de la communauté, de l’humanité et de l’équité, basé sur la vérité et les principes de la justice et de l’égalité. LA MENTALITE DU LEADERSHIP NOIR Ce sur quoi les organisations et les leaders Noirs doivent se focaliser est le fait de s’aider soi-même. Nous devrions créer un forum dans lequel nous pourrions discuter régulièrement des problèmes de notre peuple et développer des solutions que nous pouvons exécuter pour nous-mêmes. Chaque organisation Noire et chaque leader Noir a un rôle dans l’élévation de notre peuple. Nous devons reconnaître et respecter le rôle de chacun d’entre nous, et apprendre à travailler avec ceux qui seraient en désaccord avec nous idéologiquement. Nous devrions établir un front uni dans le but de converger nos efforts vers des objectifs communs sur un, trois, cinq, ou dix ans. En tant que peuple, nous devons reconnaître et comprendre que l’Amérique doit se serrer la ceinture pour survivre, et tous ses citoyens devront faire des sacrifices. Le pays n’est pas en position de donner parce qu’il a hypothéqué son futur. Même ses vétérans, qui ont combattu pour faire de lui la puissance militaire numéro une, devront faire pourtant un autre sacrifice. Par conséquent, les leaders Noirs ne peuvent pas demander au gouvernement de pourvoir à notre avenir. Quémander auprès de l’Amérique n’est pas un sage programme à mettre en avant par nos leaders en faveur du peuple. Cette vieille mentalité d’esclave qui sème la discorde parmi nous et nous rend dépendant des Blancs doit être brisée. La stratégie que les leaders Noirs doivent prendre pour référence est celle consistant à se tourner vers soi-même afin de bâtir pour soi : ce qui signifie que nous devons apprendre à notre peuple à utiliser nos talents, notre temps, notre argent et à mettre en commun nos ressources financières et éducationnelles pour résoudre nos problèmes. Quelque soit ce que l’Amérique décide de faire, nos actions ne peuvent pas être dépendantes de celles d’un Blanc bienveillant, ancien maître esclavagiste.
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